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Les patronymes francais


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Относно френските фамилни имена

Les patronymes francais

D’où viennent les noms français?

Tout au long de notre histoire, on eût recours à des noms pour désigner les individus qui composaient une société. Toutefois, les règles régissant le choix des noms ont varié au cours des siècles. Ainsi les noms de famille, issus de la tradition orale se sont fixés lentement jusqu’à devenir des patronymes héréditaires. Mais quelle est l’origine des noms français?

« Noms ancêtres » les Gaulois!

Les noms gaulois sont les plus anciens de notre pays mais du fait des nombreuses invasions subies au cours de l’histoire, très peu de Français peuvent se prévaloir d’un nom véritablement gaulois. Pour désigner des personnes les Gaulois n’utilisaient que des sortes de surnoms qui leur étaient attribués par la collectivité à la suite d’événements divers. Par exemple, Vercingétorix se décompose en Ver « super », Cingeto « guerrier », Rix « roi », soit « le roi des super-guerriers ». De même Orgetorix signifie « le roi des tueurs » ou encore Restugenos « fils du droit ».

Ces désignations qui pouvaient changer au cours de la vie n’étaient pas héréditaires.

Les gallos-romains ou l’art de ne pas « perdre son latin »…

Les Gallo-romains, eux, adoptèrent les habitudes latines qui consistaient pour chaque individu à porter trois ou quatre noms, à savoir : un prénom ou praenomen, un nom de la lignée ou gentilice et un surnom ou cognomen, devenu nom de famille. A cela s’ajoutait parfois un « sobriquet », sorte de surnom personnel ou Agnomen. Ainsi Scipio l’Africain s’appelait-il en réalité Publius Cornelius Scipio Africanus et l’empereur Auguste, Caius Julius Caesar Octavianus Augustus!!

Les noms de lignée sont presque tous tirés d’un surnom d’ancêtres, comme Aemilius signifie « le rival », Aurelius « celui qui brille », Fabius « le producteur de fèves » ou encore Hortensius « le jardinier ». Les noms de famille sont aussi d’anciens surnoms devenus héréditaires et évoquant le plus souvent une caractéristique physique ou morale ou une indication de parenté. Ainsi Albinus désigne « blanc de teint », Avitus « l’aïeul », Balbus « bègue », Regulus « petit roi », etc. On retrouvera cette caractéristique dans un certain nombre de patronymes actuels datant du Moyen-Age

Les noms latins sont encore très nombreux en France. Parmi les noms actuels les Benoît, Benet, Benezet, Benedetti tirent leur origine du latin Beni et les Bonald, Bonaldi et Bonaud proviennent de Bonus « bon ». Moins communément, Amand provient du latin Amandus « devant être aimé ». Les Beal, Bedale et Bezal sont issus du latin vulgaire Bedale « qui demeure auprès ».

Les noms d’origine germaniques s’imposent mais se transforment en prénoms

Les invasions germaniques qui frappent la Gaule aux IV ème et V ème siècle, provoquent l’engouement pour les noms Francs. Le système des dénominations germaniques est en grande partie constitué de noms composés de dénomination flatteuses : Hrod-bert « glorieusement brillant » qui donnera Robert ou encore Berin-hardt « ours fort » qui deviendra Bernard. Au IX ème siècle, la quasi-totalité du nord de la France a adopté un nom d’origine germanique.

Aujourd’hui des patronymes comme Richard « qui règne fort », Robert, Bertrand « brillant corbeau » ou Bernard ont devancé des noms tels que Dupont, parmi les patronymes français les plus courants!!

Mais quid des Dupont et autres patronymes français courants ?

Ils apparaissent pour la plupart dans la société médiévale et ce à partir du XI ème siècle. En effet, pour éviter les risques d’homonymie entre les individus on assiste à l’utilisation de surnoms, qui n’acquerront de stabilité qu’avec l’ordonnance de Villers-Cotterêts par François 1er en 1539, rendant obligatoire la tenue de registres paroissiaux.

Les surnoms qui se divisent en différentes catégories, sont pour la plupart à l’origine des patronymes français courants actuellement recensés. Ainsi :

- les noms d’origine : L’origine des Dupont provient effectivement des ponts que ce soit pour désigner celui qui habitait près d’un pont, qui évoluait près du pont ou encore qui était en charge de percevoir le droit de péage instauré par le seigneur. De nombreux patronymes français proviennent de noms de lieux tels que les Dubois, Dumont, Laval ou Duval (vivant dans le val), Dufour (vivant près d’un four), Dumas (vivant près d’un mas), Dupuis, Durieu ou Duru (près d’un ruisseau), Dupin ou encore Duchêne, Duquesne (Picardie), Dufresne, Dufraisse (Sud) pour indiquer l’arbre caractérisant la maison ou ses abord, Dumarais, Duchamp, Dubourg, Dupré, etc.

- les anciens noms individuels ou de baptême tels Jean, Pierre, Nicolas dans le Nord ou Peyre, Ghuilhem, Julian dans le Sud. Mais aussi ceux d’origine germanique tels Bernart, Bernier, Foucard (Nord) et Bertran, Bernier, Folcauld (Sud)

- Les noms de métiers également font leur apparition principalement au XIII ème siècle comme Boucher, Fossier (celui qui bêche), Dufer (pour désigner le forgeron), Cosson.

Enfin, les sobriquets tirés d’anciens noms communs ou d’adjectifs substantivés sont le miroir de la société médiévale portée à ridiculiser les défauts de ses semblables. On assiste à la naissance des patronymes tels que Legrand, Lepetit, Petit, Leblond, Lebrun, Nègre (midi) mais aussi Lebègue, Leborgne, Bossu, Lebon, Legentil, Noble, Lecoy.

Les noms d’animaux sont aussi représentés car ils vivent à proximité de l’homme. Ce sont les Leboeuf (Sud), Lechat, Lecat, Leloup et Leleu (Picardie) ou encore Goupil, nom ancien du renard.

Il existe aussi les noms de dignité tels que Leroy, Lempereur, Lepape, Leduc et moins fréquemment des noms de parentés : Lepère, Lafille, Loncle, Neveu, Legendre, Bru et Bruman (Normandie).

Voici donc une petite vision des origines et de l’évolution des patronymes français au cours de notre histoire. Contrairement aux idées reçues, les Dupond ne caracolent pas en tête des patronymes français les plus répandus et ne se placent qu’en 28ème position. Quant aux Durand ils détiennent la 5ème place mais restent bien loin des Martin… Les patronymes français ont évolué non seulement dans leurs règles d’attribution mais à notre époque également dans « leurs origines » si l’on tient compte des places que se sont faites certains patronymes d’origine étrangère, tels que Garcia (14ème rang) et Martinez (29ème rang)…

par Hélène Morvan

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ORIGINE DES NOMS DE FAMILLE

Les autres types de noms.

Après les deux grands groupes des noms issus de prénoms et ceux issus de surnoms, il reste a en étudier d'autres quantitativement plus restreints : les noms exprimant un lien de parenté ; les noms ayant une signification incertaine ; et diverses autres origines ( noms de végétaux, d'armes, d'outils, d'objets divers, de divinités antiques et de personnages mythologiques).

Les noms exprimant la parenté :

Les noms dits de « parenté » sont généralement très courants chez tous les peuples quelque soient leurs origines.

Ces noms ont servi à rattacher les individus à leur ascendance au Vème siècle, époque ou les noms de familles n'étaient pas héréditaires. On comptait différents modes de filiation selon les pays. C'était une façon naturelle de créer des patronymes qui identifiaient les familles.

Pour bien comprendre les différentes formes que ces noms pouvaient prendre, voici une liste non exhaustive des différentes formes de noms de « parenté ».

chez les Grecs (-poulos) : Xantopoulos, Rastapopoulos ;

chez les Arabes (ben -) : Ben Guigui ;

chez les Irlandais (o'-) : O'Neal , O'Brien ;

chez les Écossais (mac-) : Mac-Mahon, Mac-Donald, Mac-Cormick ;

chez les Germains (-s) : Robberts ;

chez les scandinaves et les néerlandais (sen, soone, en, s) : Leenesoone, fils d'Helene, Matheeusens (fils de Mathieu), Wilsen (fils de Guillaume).

chez les slaves (-vitch) : Petrovitch (Fils de Pierre) ;

chez les polonais (-ski), : Poniatowski ;

chez les roumains (-escu) : Basilescu (fils de Basile) ;

chez les bretons (ab-, ap-) : Abalan, Abguillerm.

Toutes ces adjonctions ont la même signification : « fils de » ; elles sont ajoutées au prénom de l'ancêtre fondateur de la famille.

En français, la filiation se rend par les prépositions « a », « de » ou « d' » : Degeorges, Dejean, Dustin, Ageorges, Alamartine, etc.

Il est à noter que les noms de parenté sont très rares en France.

Les noms à l'étymologie incertaine :

Les noms d'origines incertaines, sont les noms qui ne peuvent pas se classer clairement dans les grandes catégories de noms que l'on a pu répertorier en France au cours des époques et que nous avons vu ci-dessus.

Ces noms peuvent être classés en quatre catégories:

Les noms dont l'origine est connue et dont le sens est difficile a interpréter :

Beaucoup de noms d'origine germanique, gauloise et latine font partie de cette série.

Exemple: Rocard (d'origine germanique).

Les noms qui ont été donnés aux enfants trouvés :

Le choix des noms se faisaient en fonction de divers éléments : nom du saint du jour où a été trouvé l'enfant, nom de mois, etc.

Exemple: Avril.

Les noms dont le sens est variable selon les régions :

Par exemple, le nom Varay désigne l'originaire du Varay, pays du Doubs. Cependant, il s'agissait dans le bordelais, du fusain utilisé pour faire des quenouilles.

Les noms dont le sens a évolué suite à des modifications phonétiques successives :

Ces noms ont subit une telle évolution, qu'il est désormais pratiquement impossible d'en trouver l'origine.

Exemple: « Vrayer » est un dérivé de « vrai », ou représente une forme de « brailler », dans ce derniers cas le « v » et le « b » se confondent souvent).

Origines diverses :

On peut également évoquer les patronymes provenant de noms de végétaux (Dubois, Castan « châtaignier », Lavigne, etc.) ; d'armes, d'outils et d'objets divers (Beaudelaires « coutelas », Hachette, Bonnet, etc.) ; et enfin de divinités antiques et de personnages mythologiques (Apollon, Narcisse, Jason, etc.).

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LES PRENOMS et NOMS DE FAMILLE

Prénommer, comme nommer ou dénommer, c’est qualifier, c’est donné du sens. Les anciens disaient : Nomen, omen, un nom, un présage.

Par le prénom qu’il porte, l’enfant se rattache à tout un environnement historique et spirituel, à tout un héritage : il continue sa famille, il est un maillon d’une longue chaîne qui le rattache à ses ancêtres, c’est-à-dire à tous ceux qui ont contribué, en partie, à façonner son corps et son caractère, à déterminer ses qualités et ses défauts.

Non, ce n’est pas un acte sans importance que de donner à un enfant le nom qui, au sein de la famille, le caractérisera comme cet être unique et irremplaçable, et qui, en même temps, le reliera peut-être plus spécialement à tel ou tel de ses ancêtres qui aura, avant lui, porté ce nom. C’est même, d’une certaine manière, contribuer à son immortalité.

Dans l’Antiquité

A Rome

Le système nominal se compose de plusieurs éléments différents : d’abord le prénom (praenomen), puis le nom proprement dit (nomen), qui désigne la famille ou la lignée à laquelle se rattache la personne, enfin le cognomen, qui est la dénomination courante.

Le praenomen était donné aux garçons neuf jours après leur naissance. Ils étaient ensuite inscrits sur la liste officielle des citoyens lorsque ceux-ci appelés à porter la toge virile (toga virilis).

Une coutume courante consistait à donner à des frères le même prénom. En l’an 6 de notre ère, le Sénat de Rome décréta que les fils aînés porteraient le praenomen de leur père. Dans chaque famille, le premier-né était donc inscrit au livre des Actes publics sous le nom de son père, tandis que les cadets l’étaient sous le numéro d’ordre de leur naissance (secondus, tertius, quartus, etc.).

Le nomen était porté par les membres d’une même lignée " biologique ", et par tous ceux qui lui étaient attachés : clientèle, serviteurs, etc.

Le cognomen, quant à lui, provenait souvent d’un ancien surnom devenu héréditaire.

Les femmes romaines portaient le nom de la gens paternelle, précédé (à l’époque impériale, suivi) de leur nom propre. Celui-ci ressemblant en général à un praenomen masculin, semble en fait avoir joué plutôt le rôle d’un cognomen.

En cas d’adoption, l’enfant prenait le nom de son père adoptif, mais conservait aussi son nom d’origine, qu’il allongeait en y ajoutant le suffixe –anus.

Les esclaves, enfin, portaient le praenomen de leur maître au génitif, avec le suffixe –por (cf. puer, enfant, garçon).

En Grèce

Le nom individuel était en général accompagné d’un patronyme marquant l’appartenance à un clan, un ensemble de familles ou une lignée. A l’époque classique, on mentionnait seulement la filiation et le dème (district géographique) d’origine. L’enfant recevait son nom le septième ou le dixième jour suivant sa naissance. Ce nom était choisi par son père. Le fils aîné recevait le plus souvent le nom de son grand-père maternel, celui de la grand-mère paternelle étant attribué à la fille aînée.

Cette coutume, qui a traversé le temps, est encore en vigueur aujourd’hui. Plus rarement, un fils recevait le nom de son père ou un nom dérivé de celui de son père. Pour éviter la confusion, on mettait le nom du père au génitif afin d’indiquer la filiation.

Les noms féminins étaient formés de la même manière, avec une terminaison différente. Beaucoup de noms individuels étaient soit des métaphores, soit des surnoms.

Les Gaulois

Nous ne savons pas grand-chose sur les noms gaulois, qui n’ont pratiquement pas survécu dans le répertoire des prénoms modernes, et dont la composition semble avoir été très proche du modèle grec. Comme les prénoms germaniques, ils comportaient deux éléments. Le système nominal celtique se maintiendra longtemps en Europe : au pays de Galles, le nom de famille héréditaire ne rentre pas dans l’usage avant le XVIIe siècle.

Les Germains

Ils portaient soit des noms simples, soit le plus souvent des noms composés, formés en général de deux éléments à signification bien précise. Ces noms composés sont à l’origine d’un très grand nombre de prénoms français.

Détail à souligner : tandis que chez les Grecs et chez les Romains les femmes portent le nom de leur époux, de leur père ou de leur lignée, chez les Germains, elles ont un nom qui leur est propre – et dont la composition obéit aux même lois que les noms masculins.

Les Hébreux

On notera que les Hébreux, comme les autres peuples du Proche-Orient, ignorent complètement la distinction entre le nom et le prénom et ne connaissent que le nom individuel assorti de la filiation.

Après la conquête de la Gaule par les Romains

L’usage des noms de personnes latins se substitua peu à peu aux noms celtiques, qui, à quelques exceptions près, tombèrent dans l’oubli. Parmi ces noms latins, les uns étaient purement profanes, d’autres évoquaient des fêtes, des rites ou des notions empruntées à la religion chrétienne et d’autres enfin, de création purement romaine, étaient formés par adjonction d’une terminaison à différents radicaux.

A partir du début du Ve siècle, l’anthroponymie gallo-romaine se transforme considérablement, sous des influences essentiellement germaniques. La conquête de la Gaule par les Germains revêt à cette époque une grande ampleur.

Enfin les Francs, grands vainqueurs de tous ces mouvements de peuples, occupent d’abord la Gaule du Nord, puis, sous Clovis et ses fils, ne cessent d’étendre leur influence. Ce sont, effectivement, eux qui vont imposer leurs noms aux ancêtres des Français.

Au Moyen Age

Après l’installation de l’anthroponymie germanique provoquée par les grandes invasions, on enregistre une seconde vague de prénoms de même origine, due cette fois aux cultes de saints ou d’évêques ayant eux-mêmes porté ces noms. On ne peut plus alors parler de noms composés.

Cette seconde vague n’a toutefois pas l’ampleur de la première, ne serait-ce qu’en raison du nombre relativement limité des saints-évêques. Puis on voit même se produire un phénomène très curieux, qui est la diminution importante du nombre des noms couramment utilisés. Ce phénomène est dû, pour l’essentiel, à l’influence de l’Eglise.

Le christianisme avait d’abord fait " table rase du système latin, en ne reconnaissant qu’un nom, le nom de baptême, nom individuel que l’homme ou la femme recevait, soit à sa naissance, soit lors de sa conversion. Cette rupture s’affirme plus encore par le changement de nom individuel : non seulement le nouveau converti renonce à son nom de famille (et à son gentilice, s’il en a un) mais encore il doit se faire baptiser sous un nom nouveau latin ou germanique, païen ou chrétien, peu importe : l’essentiel est que l’individu change de nom, pour rompre toute attache avec son passé ".

Ce refus du nom de naissance, le nom biologique, se retrouve constamment dans l’histoire chrétienne. Longtemps, l’Eglise a même imposé aux enfants de choisir un nouveau prénom lors de leur confirmation, afin que cet événement soit placé sous l’autorité d’un " patron " supplémentaire. De même, le moine ou la religieuse, lorsqu’ils prononcent leurs voeux, changent de nom. C ‘est aussi ce que fait un nouveau pape, aussitôt après son élection. On notera d’ailleurs que l’Eglise, aujourd’hui encore, n’exige pas qu’un enfant soit baptisé sous le prénom déclaré à l’état civil.

De décennie en décennie, le nombre des prénoms utilisés décroît. L’Eglise tend de plus en plus à limiter le choix des parents à des prénoms acceptables du point de vue chrétien, c’est-à-dire ayant été porté par de pieux personnages. La mode, de son côté, favorise l’imitation et, dans certains villages, une dizaine de prénoms (Jean, Jacques, Marie, Anne, Pierre ou Paul…) suffisent à dénommer la quasi-totalité des habitants !

Aux abords de l’an mil

La nécessité se fait sentir d’éviter les quiproquos – ne serait-ce que dans les documents administratifs, lorsqu’il y en a – en distinguant les porteurs d’un même patronyme. C’est alors que l’on voit des surnoms s’ajouter au nom de baptême, afin de mieux préciser les individualités. Le fait est capital, car l’aboutissement de ce phénomène sera le système de la double dénomination qui est encore en vigueur de nos jours : prénom plus nom de famille. Les racines de cette véritable révolution semblent remonter à l’époque carolingienne. Dès le IXe siècles, en effet, les sobriquets sont d’usage courant à la campagne comme dans les villes.

A partir du Xe siècle, ils apparaissent dans les documents écrits et dans les actes officiels, nouveauté provoquée par un besoin évident de précision et de clarté. Autour de l’an mil, on trouve donc d’un côté le nom de baptême –le futur prénom- et de l’autre un surnom, qui peut changer au cours de la vie et qui n’est pas forcément héréditaire.

Le grand tournant se produit vers la fin du XIe siècle : le nom de baptême devient le prénom proprement dit, tandis que le surnom se transforme en un vrai patronyme transmis aux descendants.

C’est la naissance de l’anthroponymie moderne. Ces surnoms, comme on peut s’en douter, sont de nature extrêmement variée : sobriquets professionnels très fréquents, particularités physiques ou morales, toponymes, c’est-à-dire noms de lieux, de villes ou de villages, etc.

C’est surtout dans les villes que les surnoms commencent à devenir héréditaire.

Ce mouvement naît dans le Sud, zone de tradition écrite, avant de se propager vers le Nord et vers l’Est, pays de tradition orale. Il touche d’abord les nobles, avec adjonction du nom du fief ou du domaine, puis la bourgeoisie, et enfin le peuple. Il affecte les hommes puis les femmes.

Vers 1200

L’usage du surnom héréditaire est à peu près général dans les deux tiers de la France. A la même époque, l’Eglise accentue son emprise sur la vie privée. Elle impose notamment les parrains et les marraines, à qui revient fréquemment le choix du prénom.

Les noms de baptême sont le plus souvent tirés des Ecritures, en concurrence avec les noms païens d’origine germanique qui restent très portés. Parmi les prénoms ou les diminutifs les plus courants, certains, aujourd’hui sortis de l’usage, donneront par la suite naissance à des noms de famille : Durand, Guérin, Janet, Garnier, Monet, Simonin, Mangin...

Les premiers almanachs

Ils comportent des listes de prénoms. Ils apparaissent vers 1480. Ce sont en quelque sorte les ancêtres de nos modernes calendriers de la Poste !

L’état civil

Dans le même temps, l’état civil s’organise. Le premier registre des noms de baptême connu en France date de 1411. A cette date, la quasi-totalité des prénoms utilisés sont d ‘origine chrétienne ou ont été christianisés par le truchement d’un saint patron.

Le culte des saints, qui s’est beaucoup développé pendant le Moyen Age, a facilité cette évolution. Le baptême est désormais l’occasion de donner à l’enfant le nom d’un saint, d’un évêque ou d’un personnage de la Bible.

Les bollandistes, écrivains catholiques spécialisés dans la rédaction des vies de saints, multiplient les récits hagiographiques destinés à exalter les faits marquants qui constituent la légende dorée des saints et des bienheureux.

Quant à la fête, qui commémore le jour du saint patron, elle prend le plus souvent le pas sur l’anniversaire, qui ne conserve le souvenir que de la naissance physique.

En 1539, sous François 1er, le célèbre édit de Villers-Cotterêts, qui, par ailleurs, impose l’usage de la langue d’oïl, c’est-à-dire du français, dans les documents administratifs auparavant rédigés en latin, fixe les noms de famille dans toutes les possessions du roi de France et, dans son article 51, fait obligation aux curés de chaque paroisse de tenir des registres d’état civil.

Ceux-ci obtempéreront avec plus ou moins de célérité. En Alsace et en Franche-Comté, régions rattachées plus tardivement au royaume de France, il faudra attendre le XVIIe siècle, voire, en Lorraine, le XVIIIe, pour que cette habitude d’enregistrement entre véritablement dans les mœurs.

Toujours au XVIe siècle, l’apparition et le développement de la Réforme favorisent la diffusion des prénoms d’origine biblique : le Synode en 1562 recommande aux protestants de choisir les prénoms de leurs enfants dans l’Ancien Testament.

En 1598, l’édit de Nantes confie aux pasteurs huguenots le soin de rédiger état civil de leurs ouailles. Après la révocation de cet édit, en 1685, aucune autre décision ne sera prise à ce sujet, et c’est seulement sous Louis XVI, par l’édit du 28 novembre 1787, que les officiers de justice seront officiellement chargés de rédiger en France l’état civil des non-catholiques.

Le concile de Trente (1545-1563)

Il prescrit de son côté que les noms de baptêmes seront nécessairement choisis parmi les noms des saints. En réaction contre la Réforme, le culte des saints patrons connaît alors un regain d’importance dans tous les pays catholiques.

Les saints sont systématiquement proposés comme modèles de piété et les fidèles se voient charger d’inculquer à leurs enfants la volonté d’imiter par leur conduite les vertus illustrées par ceux dont ils portent le nom.

Le Catchismus ramanus publié en 1566 à l’instigation du concile, prescrit ainsi de donner à celui qui reçoit le baptême " un nom qui doit être celui de quelqu’un qui ait mérité par l’excellence de sa piété et de sa fidélité pour Dieu d’être mis au nombre des saints, afin que, par la ressemblance du nom qu’il a avec lui, il puisse être excité davantage à imiter sa vertu et sa sainteté ".

On lit de même, dans le rituel mis au point en 1614 par le pape Paul V : " Les curés devront veiller à ce que l’on donne un nom chrétien à ceux qui vont être baptisés. Lorsque le curé ne pourra pas obtenir cela, il ajoutera au nom donné par les parents un autre nom dans le registre des baptêmes " (II, I, 30).

Le nouveau rituel issu du concile de Vatican II, promulgué le 20 juin 1969 par le pape VI, indique, concernant le baptême des adultes, que l’intéressé " changera obligatoirement de nom si celui qu’il portait jusqu’alors n’est pas susceptible d’une quelconque signification chrétienne ".

A la fin du XVIIIe siècle

Le choix du parrain et de la marraine s’opère de plus en plus souvent en dehors du cercle familial. Souvent lié à un désir de promotion sociale – on parle alors de parrainage de prestige – cet usage permet aux parents d’étendre leur réseau de relations et assure à l’enfant une protection pour l’avenir. Mais, en même temps, le parrain et la marraine choisissant souvent le nom de l ‘enfant, il entre en contradiction avec l’habitude qui consiste à donner de préférence au nouveau-né un prénom déjà porté par l’un de ses ancêtres. Le renforcement des alliances sociales (lien horizontal) s’opère ainsi au détriment du primat de la lignée (lien vertical).

A la veille de la Révolution

L’enregistrement des naissances et des baptêmes est fait exclusivement par les curés des paroisses, pour les catholiques, et par les juges royaux, pour les autres.

Au moment de la laïcisation de l’état civil (20-25 septembre 1792), l’Assemblée législative conférera ensuite ce rôle aux officiers publics de l’état civil, lesquels seront pris parmi les membres du conseil général de chaque commune et devront être élus par leurs collègues. Elle précisera que le déclarant de la naissance doit être, sauf circonstance particulière, le père de l’enfant, assisté de deux témoins.

La Révolution de 1789 devait avoir des conséquences directes sur les attributions de prénoms.

C’est en septembre 1792, d’ailleurs, que les textes officiels emploient pour la première fois le terme de prénom et non celui de nom propre ou de nom de baptême.

Le 24 mars 1793, un décret rappelle que tout prénom est valable si les formalités légales ont été respectées. Un autre texte arrêté en brumaire an II (octobre 1793) autorise tout individu qui le désire à changer légalement de nom ou de prénom. Les conditions d’enregistrement des naissances s’en trouvent bouleversées.

Le 27 novembre 1793, une loi de la Convention instaure le calendrier républicain : l’année comporte désormais douze mois de trente jours, assortis de cinq jours supplémentaires (les sans-culottes) et, tous les quatre ans, d’un jour de la Révolution.

Bannis de ce calendrier, les noms de saints sont remplacés par des " vocables patriotes " des noms de grands hommes de l’Antiquité, mais aussi des noms abstraits, des noms de vertus, des noms de fleurs, d’arbres, de légumes, de minéraux, d’outils ou d’animaux ! Cette liberté dans le choix des prénoms sera confirmée par la loi du 29 floréal an II (18 mai 1794). On voit alors fleurir les initiatives les plus surprenantes. C’est l’époque des prénoms révolutionnaires ! Les trois prénoms vedettes sont Liberté, Floréal et Brutus. Mais des enfants sont aussi prénommés Citrouille, Pissenlit, Belle de Nuit, Naturel, Agneau, Cerfeuil, Centigramme, etc.

On a calculé que les prénoms révolutionnaires, dans les villes moyennes de l’Ile de France, ont pu représenter jusqu’à 70% des attributions de prénoms durant l’an II (septembre 1793-septembre 1794), période ou cette pratique atteint son apogée. Le mouvement est bien entendu suivi inégalement selon les régions. La seule estimation nationale dont on dispose (S. Bianchi, La Révolution culturelle de l’an II, Aubier, 1982) parle de 200 000 prénoms révolutionnaires pour 1,2 millions de naissances survenues au cours de l’an II.

En 1794, le baptême religieux est souvent remplacé par un baptême civique, dit " inauguration républicaine ", où les parents sans-culottes se voient félicités d’avoir " bien mérité de la philosophie et de la raison ", tandis que les assistants récitent la Déclaration des droits de l’homme et chantent Ah ça ira.

Il revenait à Napoléon de mettre fin à ces désordres. Une nouvelle loi concernant l’état civil est en effet adoptée le 11 germinal an XI, c’est-à-dire le 1er avril 1803.

Elle met fin aux prénoms révolutionnaires et précise que les prénoms ne devront désormais être choisis que dans le calendrier liturgique et l’histoire ancienne.

Elle signale aussi que ceux qui portent encore des prénoms révolutionnaires peuvent recourir aux tribunaux pour les changer, par simple rectification de l’état civil dans le registre des naissances. Mais, à cette date, beaucoup de prénoms révolutionnaires ont déjà été abjurés. Quant à l’inauguration républicaine, elle n’aura guère survécu à la chute de Robespierre.

De nos jours

Les parents doivent savoir en tout cas que le prénom est essentiel pour l’état civil –sans prénom, l’enfant est jusqu’à sa majorité sans existence légale- et qu’il est extrêmement difficile de changer de prénom, une fois celui-ci officiellement déclaré et enregistré.

La loi du 6 fructidor an II (23 mars 1794) faisait obligation aux Français de conserver le même prénom toute leur vie durant. Ces dispositions ont été amendées après la Seconde Guerre mondiale.

A l’heure actuelle, les tribunaux sont autorisés à modifier le ou les prénoms d’un enfant dans trois cas :

lors d’une naturalisation (article 57 du code civil, loi du 25 octobre 1972)

en cas d’adoption (article 357 II du code civil)

changement de prénom correspondant à l’intérêt légitime de l’enfant (article 57 III du code civil).

Je finirai en disant que choisir un prénom est une tâche à la fois simple et redoutable ! Pour combien de parents, ce choix n’a t-il pas été et n’est-il pas une manière de casse-tête ?

Source :

Le guide pratique des prénoms : hors série du magazine Enfants

Les noms de personnes. Origines et évolution : Albert Dauzat, Delagrave 1925

Les noms de personnes sur le territoire de l'ancienne Gaule, du VIe au XIIe siècle, tome 1 et 2 : Marie-thérése Morlet, édition du CNRS, 1971-1972.

Diverses notes ont été prises dans des livres au fil de mes lectures sans malheureusement prendre soin de noter la référence du livre.

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http://www.geneapass.org/patro.php

http://www.geopatronyme.com/cdip/or...igineautres.htm

http://nominis.cef.fr/

http://jeantosti.com/noms/a.htm

http://www.guide-genealogie.com/guide/noms_famille.html

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